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Selon les élites réunies
sur le plateau de Frédéric Taddei, le mardi suivant l’élection
du 6 mai, il serait choquant d’être choqué par le spectacle
des drapeaux de la Bastille.
Rappelons que ce soir-là, pour
fêter l’arrivée à la présidence de la République
du premier socialiste depuis Mitterrand, les drapeaux que l’on agitait
sur la place de la Bastille étaient très majoritairement étrangers
et essentiellement arabes.
Au hit-parade, les bannières algériennes,
tunisiennes et marocaines s’octroyaient les trois premières places
du podium.
Pour ces intellectuels, toujours les mêmes
que l’on convie sur les plateaux de télévision, on pouvait
y voir la preuve de la diversité de la population française. Point.
Pour ces fines fleurs de la pensée
française, rompues aux analyses complexes, voilà une façon
bien suspecte d’expédier le sujet.
La diversité, Mesdames
et Messieurs, c’est tout autre chose.
La diversité, c’est quand
un blanc, un asiatique, un Noir et un Arabe se retrouvent réunis sous
le même drapeau, comme on peut le voir quotidiennement dans les cours
d’écoles aux Etats-Unis.
La diversité, c’est quand
un blanc, un asiatique, un noir et un Arabe décident d’adopter
le même tronc commun historique, même si leurs ancêtres sont
nés aux quatre coins de la planète. Ils sont même autorisés
à choisir, pour leurs enfants, des prénoms usités dans
la terre d’accueil.
C’est même plutôt conseillé
quand on veut faciliter l’intégration.
La diversité, c’est quand
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un blanc, un asiatique, un Noir et un Arabe importent leur culture d’origine
pour la métisser aux autres et non pas pour la mettre en concurrence
dans l’espoir de la rendre majoritaire.
La diversité enfin – il n’y
a pas que François Hollande qui maîtrise l’anaphore -, c’est
avoir un projet commun symbolisé par le drapeau, tricolore en l’occurrence
quand on veut être français.
Quoi de plus imbécile et de plus
malhonnête que de voir dans ces communautarismes, crispés et agressifs,
un symbole d’harmonie ?
Quoi de plus irresponsable que de décrire
ces germes de guerre civile comme des promesses de lendemains meilleurs ?
Quoi de plus désespérant
que cette confiscation de la parole médiatique par des élites
complètement déconnectées des réalités ?
Les manifestants du 6 mai à la
Bastille ont bien dû sourire en s’entendant décrits comme
des angelots tout en fourbissant leurs armes pour le jour où...
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