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Communiqué de Primo
En
avril 2006, deux mois après l’assassinat d’Ilan Halimi, l’équipe
de Primo avait accepté la proposition des éditions Yago d’écrire
un ouvrage collectif, "Ilan Halimi, le canari dans la mine".
Le but de ce livre était de décrire
le faisceau des causes sociétales et historiques à l’origine
de cette atmosphère viciée ayant permis à des Français
de torturer et de tuer un autre Français pour la seule raison que ce
dernier était juif. Le résultat est un condensé de la ligne
éditoriale de Primo depuis la création de son site Internet en
avril 2003.
Un
autre but, second sans être secondaire, était de dégager
des recettes devant servir à financer une entreprise œuvrant pour
la paix. Onze mille euros avaient pu être ainsi collectés, les
auteurs ayant renoncé, bien entendu, à leurs droits d’auteurs.
Cette somme avait été remise
officiellement en avril 2008 à l’école Hattie Friedland
(lire).
Il s’agit d’un établissement
scolaire pour sourds et malentendants sis à Jérusalem, réunissant
Juifs et Arabes, Israéliens et Palestiniens, dans le corps enseignant
comme dans les effectifs d’élèves.
On ne pouvait rêver mieux, au plan
symbolique, pour évoquer la paix.
Cette cérémonie de remise
du prix, à laquelle YAGO participait, concluait cette aventure et Primo,
depuis, a tourné la page et a poursuivi son travail quotidien contre
la malinformation.
Or,
nous apprenons aujourd’hui que les Editions Yago viennent de rééditer
l'ouvrage sans l’accord de ses auteurs.
Nous tenons à préciser que
nous nous désolidarisons totalement de cette entreprise de réédition
et ce, pour trois raisons :
1) Le contenu de certains chapitres, écrits
en 2006, est obsolète. N’ayant pas fait l’objet d’un
travail de réactualisation, il sera perçu comme non pertinent
par un lecteur de 2009.
2) Nous n’avons pas la moindre information
concernant le devenir des recettes qu’engendrera cette nouvelle édition.
Or, dans l’esprit des auteurs de l’ouvrage, il n’a jamais
été question de faire le moindre bénéfice personnel
en nous servant de la tragédie qu’a représenté le
supplice d’Ilan Halimi.
3) Le livre nouvellement édité
est affublé d’un bandeau rouge comportant la mention « L’affaire
Ilan Halimi ». Nous considérons que ce procédé est
racoleur et destiné à tromper le lecteur qui croira y trouver
les développements de l’affaire criminelle alors que le livre ne
traite, rappelons-le, que de considérations sociétales et historiques.
En conclusion, nous laissons tout lecteur
libre de ses choix et de ses achats mais nous tenons à le mettre en garde
sur le fait que cette réédition trahit totalement l’esprit
de la première publication de 2006.
Primo, le 21 juin 2009.
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