La sélection Primo
Aftonbladet, SOS organes vivants |
Israël
ne peut décidément nous laisser tranquille : même en été,
ce pays et ses habitants nous entraînent d’horreur en horreur.
Oumma.com et les autres
sites voués à la résistance au fléau planétaire
(mais non, pas la grippe H1N1, le sionisme !) s’étonnent du silence
de la presse française à propos d’une nouvelle affaire.
Ils y voient la preuve
que cette presse est aux ordres des Juifs, ce grand méchant lobby,
cette puissance sournoise et malfaisante qui régente nos existences
individuelles comme la vie politique et économique de nos pays occidentaux
avachis.
D’ordinaire,
les résistants travaillent dans l’ombre. De nos jours, ceux qui
s’autoproclament tels travaillent en pleine lumière et sur la
toile. La police de la pensée a désormais pignon sur rue et,
pour copier l’affiche rouge dans la dénonciation des juifs, ose
s’intituler Résistance.
La CAPJPO, Indymédia
(même la section auvergnate) et autres antisioMistes monomaniaques relaient
sans jugement ni analyse une rumeur propagée par un journaliste suédois,
Donald Boström, désormais propulsé au rang de grand défenseur
de la cause palestinienne.
Ce reporter spécialiste
du Moyen-Orient, dont la production littéraire a été
subventionnée à plusieurs reprises par son gouvernement (il
est dur de vivre de sa plume) a accusé les soldats de Tsahal de tuer
de jeunes Palestiniens pour leur prélever les organes vitaux, cœur,
poumons, foie, reins à seule fin de les vendre sur le marché
parallèle.
Un procédé
décrit et promu par un certain Josef Goebbels, qui conseillait : «
Mentez, mentez, mentez, encore et toujours, il en restera bien quelque
chose ! ».
Le Goebbels suédois
au petit pied, lui, invoque l’histoire d’un rabbin américain
arrêté par le FBI et qui tremperait dans un trafic d’organes
humains.
C’est le mot «
rabbin » qui, au contact du cerveau de Boström, par une de ces
fulgurances qu’on ne rencontre plus guère que chez les commentateurs
de football, a entraîné la rumeur de trafic d’organes entre
Israël et la Palestine.
Le hasard fait
bien les choses.
Lorsqu’un citoyen
allemand vole une voiture dans le sud de la France, les médias ne vouent
pas aux gémonies l’ensemble du peuple allemand.
Lorsqu’un Suédois
viole une petite fille en Thaïlande, personne ne songe à condamner
l’ensemble de la Suède.
Lorsqu’un Français
tue une femme au Bahrein, la France n’est pas clouée au pilori
par la communauté internationale.
Pour résumer, quand
un Français vole, c'est un voleur. Quand un juif vole c'est un juif.
Aussi, quand un Juif est
suspecté de commettre des actes répréhensibles, c’est
Israël tout entier qui doit plaider sa propre cause et justifier son
existence.
Souscrire à ce
schéma est la première faute journalistique de Boström.
La
seconde est pire encore pour un journaliste digne de ce nom.
Boström prend à
l’appui de sa thèse un fait auquel il aurait assisté en
1992 et qui concerne un jeune Palestinien nommé Bilal.
Voici le témoignage
de ce grand reporter suédois : « Les soldats écrasèrent
leur cigarette allumée, écartèrent leurs canettes de
Coca-Cola et ajustèrent calmement leur arme dans l’embrasure
de la fenêtre dont la vitre avait été brisée. Quand
Bilal [la victime] fut suffisamment proche, ils n’eurent qu’à
appuyer sur la gâchette. La première balle l’atteignit
à la poitrine. Selon des villageois qui ont été témoins
de l'incident, il reçut ensuite une balle dans chaque jambe. Deux soldats
sortirent alors en courant de l’atelier de menuiserie et lui tirèrent
une balle dans le ventre. Enfin, ils prirent Bilal par les pieds et le traînèrent
sur les vingt marches de pierre de l’escalier de l’atelier de
menuiserie. »
La stupidité de
la soldatesque sioniste, en ce cas d’espèce, est immense.
Rendez-vous compte, public
alangui en cette fin du mois d’août !
Les soldats tirent une
première balle dans la poitrine du jeune meneur palestinien.
Ensuite, ils lui tirent
dans les deux jambes. Il aurait pourtant été plus commode de
le faire marcher plutôt que de le « trainer sur 20 marches
de pierre ». Mais oui, mais c’est bien sûr : dans ce
cas, on aurait loupé les « témoins » !
Enfin ils l’achèvent
par une balle dans le ventre.
Tout cela dans le but
de lui prélever des organes vitaux.
4 balles de M16 dans le
corps et Boström voudrait faire croire à l’opinion internationale
que les médecins israéliens ont pu récupérer quelque
organe que ce soit dans ce corps déchiqueté.
On
ne peut pas imaginer que ce grand reporter et de son rédacteur en chef
ont délibérément publié une version contemporaine
du « libellé du sang » pour provoquer des actes antisémites
dans le monde.
Accordons-leur le bénéfice
du doute, ou d’une folie passagère.
En tout cas, ils
ignorent manifestement tout ce qui concerne la transplantation d’organes.
Pour avoir une chance
de réussir, celle-ci doit être réalisée dans des
conditions d’asepsie totale. Les organes doivent être prélevés
sur des corps vivants en état de mort cérébrale.
Cette transplantation
doit être faite dans le respect de plusieurs critères médicaux
élaborés lors d’une conférence à Maastricht
en 1995.
Pour éviter au
receveur tout rejet de la greffe, le prélèvement doit être
réalisé moins de 30 minutes après la mort du donneur.
Un organe prélevé qui n’est plus irrigué par les
battements du cœur pendant une demi-heure n’a absolument aucune
chance de fonctionner dans un autre corps.
Il peut rester «
viable » quelques heures à condition d’être préservé
dans de la glace et dans des conditions parfaites d’hygiène.
Des conditions qu’on
a du mal à relier à une zone de combat et à un corps
atteint de plusieurs balles.
A moins que Tsahal se
promène avec un bloc opératoire et son personnel médical
à chaque opération commando, ce qui, tactiquement, manquerait
de discrétion !
Pour
toutes ces raisons, le journaliste Boström devrait se consacrer exclusivement
à la poterie, au macramé ou encore au collage de gommettes,
toutes activités permettant le délassement de l’esprit.
La haine peut être un facteur déclenchant de crise cardiaque.
Il est peu probable que
le fieffé menteur ait un cœur, mais au cas où, il vaudrait
mieux qu’il le ménage.
Qu’il persévère
dans la rédaction de recettes de cuisine du Moyen-Orient ou dans la
participation à des livres culinaires, tel celui paru aux éditions
Viénaut. Il rendra ainsi un signalé service au journalisme d’investigation.
Devant l’importance
de la crise entre Israël et la Suède après cette diffamation
médiatique, le rédacteur en chef de Aftonbladet, Jan Hélin,
semble s’excuser, avec quelques pincettes.
Dans un éditorial
intitulé 'La semaine où le monde est devenu fou',
dimanche, il reconnait que, dans le premier reportage publié en début
de semaine, les preuves attestant d'un vol d'organes 'faisaient
défaut'.
« Je suis un directeur
de la publication responsable qui a donné son feu
vert à la publication d'un article parce qu'il posait un nombre de
questions pertinentes », écrit-il.
Comment des questions
peuvent-elles être jugées pertinentes si elles s’appuient
sur une affirmation qui n’est pas étayée par l’ombre
d’une preuve ?
Que des rumeurs circulent
dans un conflit entre deux populations est bien normal. Ce qui l’est
moins, c’est qu’un journaliste les répète sans chercher
à démêler le vrai du faux, la rumeur du fait.
Hélas,
les normes du journalisme hexagonal faseyent sérieusement depuis quelques
années.
Sinon comment expliquer
que le Nouvel Obs ait relayé une dépêche particulièrement
fantaisiste de l’AFP selon laquelle les Israéliens fournissaient
les jeunes de Gaza en produits aphrodisiaques ? lire
sur Primo
On observera en passant
que fournir des aphrodisiaques devient un crime dès lors qu’Israël
en est le présumé coupable. Si Israël répandait
des billets de 100€ sur la population palestinienne, nul doute qu’on
y trouverait encore la preuve de sa duplicité.
En l’espèce,
les aphrodisiaques en question étaient supposés détourner
les jeunes gens de la vraie religion. Un crime que le Nouvel Obs,
laïque et de gauche, condamne avec la plus grande fermeté.
En plus, comment ses pauvres
journalistes auraient-ils pu douter de l’info puisque la rumeur était
colportée par le porte-parole du gouvernement de Gaza en personne ?
On n’imagine quand
même pas le porte-parole d’un camp répandre des fausses
rumeurs sur le camp d’en face, n’est-ce pas ?
Le rédac chef du
journal suédois a cru utile de préciser : « Je ne
suis pas un nazi. Je ne suis pas antisémite ».
On est drôlement
soulagés. D’ailleurs Papon disait la même chose et les
Français collabos et dénonciateurs de juifs lui emboitaient
l’argumentation.
Quel est le rapport ?
Aucun. Et alors ? On serait les seuls à ne pas écrire n’importe
quoi ?
Alors, laissez-nous finir
nos vacances tranquilles.
| | Imprimer la page | Poster un commentaire | Pierre Lefebvre © Primo, 26-08-2009 |
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