Mardi 14 février 2012

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Être mère en Iran

Qui est un danger pour notre sécurité nationale ? Les mères ou les hommes au pouvoir ?

La minorité qui est aux commandes en Iran resserre ses griffes sur les groupes politiques, sur les militants des droits civiques et même sur les gens ordinaires et jour après jour elle augmente la répression et les règles autoritaires de façon bien plus barbare qu'auparavant.

Beaucoup ont été emprisonnés, ont disparu, ont été blessés et tués simplement pour avoir réclamé la justice et les familles des victimes n'ont aucune possibilité de mener la moindre enquête sur ces faits.

Les bourreaux et les meurtriers continuent tranquillement leurs crimes pendant que les mères et les femmes qui elles, font le choix de ne pas se taire et de se battre pour défendre les droits humains et sociaux les plus élémentaires pour elles et pour leurs enfants, endurent sans cesse des intimidations, tombent sous les accusations d'actes pouvant mettre en danger la sécurité nationale et les tribunaux corrompus les déclarent alors coupables et les punissent par de lourdes peines.

En ce moment même, deux d'entre elles se retrouvent en prison.

Jila Mahdavian, mère de Hesam Tarmasi, a été condamnée à 5 ans d'emprisonnement, dont 2 ans fermes et 3 ans en liberté conditionnelle, uniquement pour avoir essayé d'en savoir plus sur le sort de son fils et sa solidarité avec le mouvement des Mères En Deuil.

Sa fille, Maryam Najafi a aussi été condamnée à 2 ans de prison, dont 1 an et demi de prison ferme.

Le jeune fils de cette famille, Hesam, avait été emprisonné pendant un an pour avoir participé au Mouvement Vert iranien en 2010 et à sa sortie de prison, il était tombé malade sans qu'on puisse en trouver la cause mais dans des circonstances suspectes.

Jila Karamzadeh Makvandi, poétesse et une sympathisante des Mères En Deuil, a été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 ans fermes et 2 ans sur parole, pour son soutien à ce mouvement et pour avoir écrit un poème dédié aux mères de ceux qui avaient été tués.

Elle a été arrêtée le 27 décembre et envoyée en prison pour effectuer sa peine.

Leila Seifalahi, médecin et sympathisante des Mères En Deuil, a également été condamnée à 4 ans de prison, dont 2 fermes et 2 sur parole.

Akram Neghabi, mère de Saied Zeinali, a été emprisonnée et jugée pour avoir suivi l'état de santé de son fils. La famille avait assisté à l'arrestation de Saied et son enlèvement au domicile familial, Saied était étudiant à l'université au moment des faits et depuis ce jour aucune autorité n'a transmis la moindre nouvelle de lui à sa famille.

Parvin Moktare, mère de Kouhyar Goodarzi, a été condamnée et a été emprisonnée 23 mois pour avoir suivi l'état de santé de son enfant. Kouhyar est un étudiant et un militant des droits humains qui passe maintenant son temps en prison.

Mansoureh Behkish a perdu six membres de sa famille durant les exécutions des années 80. Elle a été convoquée, intimidée et menacée à de très nombreuses reprises parce qu'elle demandait justice, pour son soutien au mouvement les Mères En Deuil et pour s'être rendue aux cimetières de Kharavan et de Behesht Zahra.

Après sa dernière arrestation, elle a passé un mois derrière les barreaux et le 25 décembre, elle a été jugée par le juge Salavaati et elle en attend le verdict.

Nader Ahsani, un autre sympathisant des Mères du Parc Laleh, a passé une année en prison et après sa libération a été envoyé en procès et condamné à 2 ans de liberté conditionnelle.

Il y a d'autres mères et d'autres membres de la famille de celles et de ceux qui ont été tués qui à de nombreuses occasions ont été convoqués, arrêtés et jugés et qui sont maintenant dans l'incertitude.

Il y en a également d'autres qui ont été interrogés et intimidés à de nombreuses reprises.

Fatemeh Alvandi, mère de Mehdi Mahmoudian, un détenu politique de la prison Rajaie Shahr de Karachi, a également été arrêtée et interrogée par les forces de la sécurité intérieure le 3 janvier puis relâchée peu après.

Lors des deux dernières années, elle avait demandé au bureau de l'accusation la libération temporaire de son fils, à cause de la maladie dont il souffre.

Alors demandons-nous, laquelle de ces demandes et/ou de ces actions de ces mères et de leurs sympathisant-es a été illégale ou a menacé la sécurité nationale ?

Est-ce que le suivi de la santé de son enfant n'est pas un droit des mères sous n'importe quel régime et religion ? Et est-ce que le soutien à ces mères n'est pas un devoir pour chaque membre de la communauté internationale ?

Nos dirigeants pensent à la sécurité nationale comme une sécurité s'appliquant à leurs escrocs, meurtriers et bourreaux et c'est la raison pour laquelle les efforts des mères les terrorisent et qu'ils essaient de les intimider à toutes les étapes de leurs réclamations.

Nous, les Mères du Parc Laleh et nos sympathisant-es de partout dans le monde, tout en continuant d'insister sur nos trois requêtes de base qui sont la libération de tous les prisonniers d'opinion politique, l'abolition de la peine de mort et une enquête tout comme un procès publique et équitable pour tous ceux qui ont ordonné et mené à terme les massacres commis ces 33 dernières années en Iran.

Nous demandons aux amoureux de la liberté et aux organisations de défense des droits de l'Homme de nous apporter leur soutien et de relayer nos voix plus fort quand nous réclamons la liberté pour Parvin Mokhtare et Jila karamzadeh Makvandi ainsi que l'arrêt des pressions utilisées contre nous, les mères et les sympathisant-es.

Les Mères du Parc Laleh et leurs supporters en Iran et à l'étranger

Imprimer la page | Poster un commentaireMères du parc Laleh
© Primo, 30-01-2012

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