La minorité qui est aux commandes en Iran resserre ses
griffes sur les groupes politiques, sur les militants des droits civiques et
même sur les gens ordinaires et jour après jour elle augmente la
répression et les règles autoritaires de façon bien plus
barbare qu'auparavant.
Beaucoup ont été emprisonnés, ont disparu,
ont été blessés et tués simplement pour avoir réclamé
la justice et les familles des victimes n'ont aucune possibilité de mener
la moindre enquête sur ces faits.
Les bourreaux et les meurtriers continuent tranquillement leurs
crimes pendant que les mères et les femmes qui elles, font le choix de
ne pas se taire et de se battre pour défendre les droits humains et sociaux
les plus élémentaires pour elles et pour leurs enfants, endurent
sans cesse des intimidations, tombent sous les accusations d'actes pouvant mettre
en danger la sécurité nationale et les tribunaux corrompus les
déclarent alors coupables et les punissent par de lourdes peines.
En ce moment même, deux d'entre elles se retrouvent en
prison.
Jila Mahdavian, mère de Hesam Tarmasi, a été
condamnée à 5 ans d'emprisonnement, dont 2 ans fermes et 3 ans
en liberté conditionnelle, uniquement pour avoir essayé d'en savoir
plus sur le sort de son fils et sa solidarité avec le mouvement des Mères
En Deuil.
Sa fille, Maryam Najafi a aussi été condamnée
à 2 ans de prison, dont 1 an et demi de prison ferme.
Le jeune fils de cette famille, Hesam, avait été
emprisonné pendant un an pour avoir participé au Mouvement Vert
iranien en 2010 et à sa sortie de prison, il était tombé
malade sans qu'on puisse en trouver la cause mais dans des circonstances suspectes.
Jila Karamzadeh Makvandi, poétesse et une sympathisante
des Mères En Deuil, a été condamnée à 4 ans
de prison, dont 2 ans fermes et 2 ans sur parole, pour son soutien à
ce mouvement et pour avoir écrit un poème dédié
aux mères de ceux qui avaient été tués.
Elle a été arrêtée le 27 décembre
et envoyée en prison pour effectuer sa peine.
Leila Seifalahi, médecin et sympathisante des Mères
En Deuil, a également été condamnée à 4 ans
de prison, dont 2 fermes et 2 sur parole.
Akram Neghabi, mère de Saied Zeinali, a été
emprisonnée et jugée pour avoir suivi l'état de santé
de son fils. La famille avait assisté à l'arrestation de Saied
et son enlèvement au domicile familial, Saied était étudiant
à l'université au moment des faits et depuis ce jour aucune autorité
n'a transmis la moindre nouvelle de lui à sa famille.
Parvin Moktare, mère de Kouhyar Goodarzi, a été
condamnée et a été emprisonnée 23 mois pour avoir
suivi l'état de santé de son enfant. Kouhyar est un étudiant
et un militant des droits humains qui passe maintenant son temps en prison.
Mansoureh Behkish a perdu six membres de sa famille durant
les exécutions des années 80. Elle a été convoquée,
intimidée et menacée à de très nombreuses reprises
parce qu'elle demandait justice, pour son soutien au mouvement les Mères
En Deuil et pour s'être rendue aux cimetières de Kharavan et de
Behesht Zahra.
Après sa dernière arrestation, elle a passé
un mois derrière les barreaux et le 25 décembre, elle a été
jugée par le juge Salavaati et elle en attend le verdict.
Nader Ahsani, un autre sympathisant des Mères du Parc
Laleh, a passé une année en prison et après sa libération
a été envoyé en procès et condamné à
2 ans de liberté conditionnelle.
Il y a d'autres mères et d'autres membres de la famille
de celles et de ceux qui ont été tués qui à de nombreuses
occasions ont été convoqués, arrêtés et jugés
et qui sont maintenant dans l'incertitude.
Il y en a également d'autres qui ont été
interrogés et intimidés à de nombreuses reprises.
Fatemeh Alvandi, mère de Mehdi Mahmoudian, un détenu
politique de la prison Rajaie Shahr de Karachi, a également été
arrêtée et interrogée par les forces de la sécurité
intérieure le 3 janvier puis relâchée peu après.
Lors des deux dernières années, elle avait demandé
au bureau de l'accusation la libération temporaire de son fils, à
cause de la maladie dont il souffre.
Alors demandons-nous, laquelle de ces demandes et/ou de ces
actions de ces mères et de leurs sympathisant-es a été
illégale ou a menacé la sécurité nationale ?
Est-ce que le suivi de la santé de son enfant n'est
pas un droit des mères sous n'importe quel régime et religion
? Et est-ce que le soutien à ces mères n'est pas un devoir pour
chaque membre de la communauté internationale ?
Nos dirigeants pensent à la sécurité nationale
comme une sécurité s'appliquant à leurs escrocs, meurtriers
et bourreaux et c'est la raison pour laquelle les efforts des mères les
terrorisent et qu'ils essaient de les intimider à toutes les étapes
de leurs réclamations.
Nous, les Mères du Parc Laleh et nos sympathisant-es
de partout dans le monde, tout en continuant d'insister sur nos trois requêtes
de base qui sont la libération de tous les prisonniers d'opinion politique,
l'abolition de la peine de mort et une enquête tout comme un procès
publique et équitable pour tous ceux qui ont ordonné et mené
à terme les massacres commis ces 33 dernières années en
Iran.
Nous demandons aux amoureux de la liberté et aux organisations
de défense des droits de l'Homme de nous apporter leur soutien et de
relayer nos voix plus fort quand nous réclamons la liberté pour
Parvin Mokhtare et Jila karamzadeh Makvandi ainsi que l'arrêt des pressions
utilisées contre nous, les mères et les sympathisant-es.